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Saint symphorien des bois, FranceSur Whoppah depuis août 2026 • 0 ventes
Dans le formidable renouveau qu'a connu Vallauris après la Seconde Guerre mondiale, une génération de potiers a transformé l'objet domestique en un véritable champ d'expression. Étienne Daniel s'inscrit dans cette histoire. Céramiste moins connu aujourd'hui que les grandes figures de Vallauris, son œuvre demeure également plus difficile à documenter : les éléments biographiques publiés sont rares et une partie de sa production n'est pas systématiquement signée. Son nom figure néanmoins en bonne place dans la documentation consacrée aux ateliers de Vallauris. Il nous laisse surtout un motif devenu immédiatement reconnaissable : le chardon. Des années 1950 aux années 1970, ce motif réapparaît sur ses plats, assiettes, bols et cocottes, au point de constituer une véritable signature esthétique. Les pièces documentées portent les initiales D.E., tandis que d'autres sont simplement marquées « décor main » ou « Vallauris ». Cette grande cocotte appartient pleinement à cet univers. L'argile est généreusement projetée et laissée apparente sur la face inférieure, où des cercles concentriques témoignent encore du travail du potier. L'émail clair, presque ivoire, est rehaussé d'un magnifique mouchetage brun qui lui confère la profondeur minérale caractéristique des céramiques de Vallauris d'après-guerre. À l'intérieur, deux grands chardons stylisés s'épanouissent. Les feuilles épineuses, finement dessinées et soulignées de brun, sont recouvertes d'un vert turquoise intense. Les fleurs mêlent des nuances de rose poudré, de mauve et de bleu-violet. Le décor ne recherche pas la précision botanique : il interprète la plante, la magnifie et joue avec ses formes. Les émaux se concentrent dans les reliefs, varient selon la cuisson et donnent au décor une vivacité inédite dans la décoration industrielle. L'extérieur complète le décor intérieur par de larges traits verticaux d'émail vert, appliqués librement sur la surface mouchetée. La longue anse, légèrement surélevée et rehaussée d'une touche de turquoise, équilibre la rondeur de la poêle-cocotte. Son extrémité perforée rappelle que ces belles pièces peuvent aussi être suspendues et embellir la cuisine. C’est précisément ce qui rend les céramiques d’Étienne Daniel si intéressantes : elles se situent au croisement de l’utile et du décoratif. La poêle-casserole conserve le souvenir d’un ustensile familier, mais le travail de l’argile, les émaux, et surtout ce chardon spectaculaire, la transforment en un objet de présence. Environ 20 cm de diamètre et 7 cm de hauteur, sans compter la longueur de la poignée. Ses proportions sont très proches de celles d’une poêle-casserole à chardon d’Étienne Daniel documentée, mesurant 21,5 cm de diamètre et 33 cm avec sa poignée. Une très belle pièce de céramique française du XXe siècle, expressive sans être ostentatoire, qui incarne tout ce qui fait le charme de Vallauris : la terre, le feu, la couleur et la liberté du geste.
Détails supplémentaires :
- Marque : Étienne Daniel
- Créateur : Étienne Daniel
- Style : Vallauris
- Matériau : Terre
- Matériel : Email
- Couleur : ivoire
- Couleur : brun
- Couleur : vert turquoise
- Couleur : rose poudré
- Couleur : mauve
- Couleur : bleu-violet
- Période : années 1950-1970