Pierre Paulin : le Français qui a donné des courbes au modernisme
Les sièges de Pierre Paulin des années 1960 et 1970 sont les formes les plus distinctives du design français d'après-guerre. Il a travaillé avec Artifort et a produit certains des sièges les plus photographiés de l'époque.


Pierre Paulin (1927 à 2009), c'est la chaise que vous achetez quand vous voulez de la couleur dans la pièce. Là où ses contemporains danois travaillaient le bois et ses contemporains italiens l'acier, Paulin travaillait la mousse, le revêtement en jersey et les tons saturés, surtout avec le fabricant néerlandais Artifort à partir de 1958. Sur Whoppah, la Tongue chair (1967) se vend entre 700 et 1 800 euros, la Mushroom (F560, 1959) entre 1 200 et 3 000 euros et la Ribbon (F582, 1966) entre 1 500 et 4 000 euros, les exemplaires rouges, jaunes et orange obtenant une prime par rapport aux tons sourds. Nos curateurs vérifient attentivement l'état du revêtement, car un retapissage beige prudent dessert le dessin et pèse sur la valeur du tissu d'origine.
Une exception française
Pierre Paulin (1927 à 2009) est le designer français dont le travail des années 1960 et 1970 semble le plus typiquement français et le plus emblématique de son époque. Alors que ses contemporains danois travaillaient le bois et ses contemporains italiens l'acier, Paulin, lui, travaillait la mousse, le jersey et les couleurs vives. Ses fauteuils semblent tout droit sortis d'un plateau de tournage parisien, et plusieurs d'entre eux y ont d'ailleurs figuré.
Son partenariat le plus productif fut avec Artifort, le fabricant de meubles néerlandais basé à Maastricht. La plupart des pièces de Paulin que vous verrez sur Whoppah sont issues de cette collaboration, qui a débuté en 1958.
Il a également travaillé sur les intérieurs du Palais de l'Élysée en 1971 (sous Georges Pompidou) puis de nouveau en 1983 (sous François Mitterrand), ce qui a conféré à ses créations un statut culturel particulier en France. Son œuvre est à l'avant-garde de ce que signifie le « modernisme français ».
Les pièces
Le fauteuil Tongue (1967, Artifort), ce siège bas et large à la silhouette incurvée en forme de langue, est le modèle de Paulin le plus photographié. Les fauteuils Tongue vintage d'Artifort des années 1970 et 1980 se vendent entre 700 € et 1 800 € sur Whoppah, selon l'état du revêtement. Les exemplaires aux couleurs vives (rouge, jaune, orange) sont plus cotés que ceux aux tons neutres.
Le fauteuil Mushroom (1959, F560, Artifort), ce siège bas et rond sur un piètement pivotant en chrome, est une pièce légèrement antérieure et plus architecturale. De 1 200 € à 3 000 € d'occasion.
Le fauteuil Ribbon (1966, F582, Artifort), ce fauteuil lounge incurvé en forme de « S », est techniquement le plus ambitieux. De 1 500 € à 4 000 € en bon état vintage.
Le fauteuil Élysée (1973), conçu pour l'aménagement du Palais de l'Élysée à l'époque de Pompidou, est une pièce plus architecturale. Production limitée. De 2 000 € à 5 500 € lorsqu'un exemplaire est disponible.
Pourquoi les fauteuils de Pierre Paulin appellent-ils la couleur?
L'œuvre de Paulin a été conçue pour porter la couleur. Les modèles Tongue et Mushroom sont pensés pour des revêtements aux teintes saturées, et un retapissage en beige (ce que font souvent les acheteurs prudents) a tendance à ne pas rendre justice au design. Si vous achetez un Paulin, je vous encourage à conserver ou à restaurer l'intention de couleur d'origine. Un Tongue rouge est LE Tongue. Un Tongue taupe n'est qu'une langue.
Le retapissage est courant et accepté sur les pièces de Paulin, car les housses en jersey s'usent aux coins après une trentaine d'années. Artifort produit toujours des housses de rechange conformes aux spécifications d'origine dans les couleurs d'époque. Un retapissage respectueux est donc possible et ne diminue pas la valeur de la pièce s'il est bien réalisé.
Comment authentifier un fauteuil Artifort de Pierre Paulin?
Les pièces de Paulin produites par Artifort portent une étiquette en papier ou en métal sous l'assise ou à l'intérieur du piètement, indiquant le numéro de modèle et (sur les pièces plus récentes) l'année. Les piètements en chrome sont en fonte d'acier lourde ; il existe des copies plus légères, faciles à identifier par leur poids.
Pour les pièces plus architecturales (Ribbon, Élysée), les documents de provenance sont importants. Les archives de Paulin sont conservées par la fondation de la famille Paulin, qui peut confirmer des commandes spécifiques si nécessaire.



